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Les Hommes protégés

Category: Livres,Folio,Auteurs de A à Z

Les Hommes protégés Details

A la suite d'une épidémie d'encéphalite qui ne frappe que les hommes, les femmes les remplacent dans leurs rôles sociaux, et c'est une Présidente, Sarah Bedford, féministe dure, qui s'installe à la Maison-Blanche. Le Dr. Martinelli, qui recherche un vaccin contre l'encéphalite, est enfermé avec d'autres savants à Blueville, dans une "zone protégée" qui les tient à l'abri de l'épidémie mais dans un climat de brimades, d'humiliations et d'angoisse. Martinelli acquiert vite la conviction que son vaccin ne sera pas utilisé, du moins sous l'Administration Bedford. C'est paradoxalement chez les femmes qu'il trouvera ses alliées les plus sûres et par les femmes qu'il sera libéré. Mais, une fois Bedford remplacée à la Maison-Blanche par une féministe modérée, Martinelli saura-t-il s'adapter à une société où les hommes ne jouent plus qu'un rôle subalterne ?

Reviews

Robert Merle, probablement l'un des auteurs les plus sous-estimés de l'après-guerre en France, livre ici un remarquable roman de prospective politique et sociologique. Nul besoin de rédiger un essai ampoulé de science politique, une fiction rondement menée se révèle ô combien plus percutante!Publié en 1989, Merle y envisage froidement et méticuleusement une dystopie féministe, un monde dans lequel les hommes se retrouvent réduits à l'état de faire-valoir à la suite d'une pandémie d'encéphalite aux Etats-Unis n'affectant que les hommes... Rapidement, ces derniers constituent une minorité, ce qui a pour conséquence de propulser les femmes aux plus hautes responsabilités. Les quelques survivants jugés "utiles" par la gynocratie en place demeurent confinés dans des baraquements où leurs compétences scientifiques et médicales sont exploitées afin de produire un vaccin qui permettrait d'éviter l'annihilation totale d'un genre méprisé mais indispensable. Hormis ces rats de laboratoires, survivent, cachés au fond des bois, des hommes pestiférés mais luttant vaillamment, ou désespérément, c'est selon, contre le matriarcat. Merle se garde bien de nous offrir une vision manichéenne, qui aurait été aussi ennuyeuse que fallacieuse. L'issue finale ne manquera pas de vous surprendre.Je recommande vivement l'ouvrage pour plusieurs raisons. D'une part, l'intrigue est efficace et savamment ficelée. D'autre part, le style plaira aux amateurs de la langue de Molière. Enfin, la réflexion sociologique sur le féminisme qui sous-tend l'ouvrage se révèle pleine d'actualité. Il est d'ailleurs surprenant que l'auteur ait anticipé de manière aussi juste l'évolution d'un mouvement social qui, dans ses vagues successives, en est venu à aspirer à dominer totalement la sphère politique et médiatique. Le mouvement "MeToo" provoqué par les révélations sur le comportement abject du producteur hollywoodien Weinstein envers maintes actrices pourrait ne constituer que les prémisses d'une ambition dévorante longtemps mise sous le boisseau.Par ailleurs, il serait fascinant de contraster ce magnifique roman avec celui de Margaret Atwood, adapté à la télévision, The handmaid's tale (La servante écarlate). Deux visions aux antipodes!

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